Je suis en train de lire « influence et manipulation » de Robert Cialdini. C’est un livre que je dois lire dans le cadre de mon cours de communication (non pas que ça me dérange de le lire, je le trouve très bon et j’adore lire…je tenais juste à le préciser).
Bref, au chapitre 3 intitulé « la preuve sociale » est démontré (preuves à l’appui et fort intelligemment) que l’influence sociale est énorme pour un individu et que, lorsque celui-ci se trouve dans l’indécision, elle peut avoir un grand poids. Ainsi l'auteur explique pourquoi il arrive souvent que dans des grandes villes, des gens meurent dans des rues bondées de monde sans que personne, apparemment, n’y prête attention. Mais si ces gens meurent sans assistance c’est justement parce qu’il y a plein de monde et que les témoins, indécis quand à l’attitude à adopter et surtout quand à la raison pour laquelle l’individu s’écroule, regardent ce que font leurs voisins de manière discrète et impassible, mais comme chacun reste discret et impassible et que bien souvent, dans l’indécision, une personne se calque sur le comportement des autres, tous se disent « la personne devant moi ne réagit pas, cela ne doit pas être grave, cela n’est donc pas la peine que je m’y attarde ». L’auteur remarque que même lorsque le fait qu’il se passe quelque chose de grave est sûr, si l’appel à l’aide est collectif style « au secours !!!» (Ce qui est notre réflexe à tous), chacun va penser que l’autre va s’en occuper.
Conclusion : si vous êtes pris d’un malaise dans une rue bondée de monde, signalez clairement que vous ne vous sentez pas bien en vous adressant à une (ou des) personne en particulier pour que celle-ci réagisse, voire même (influence sociale aidant) qu’elle soit aidée par d’autres que vous n’aviez pas appelé.
Mais revenons en au sujet de cet article… L’auteur démontre ensuite que l’influence sociale va jouer dans notre prise de décision, mais pas n’importe quelle influence sociale : celle de ceux qui nous ressemblent. Ainsi il cite d’une étude qui a démontré (et je vous jure que c’est vrai !) qu’après un suicide fortement médiatisé, sur la zone de médiatisation le nombre d’accidents d’avion était multiplié par cent (j’ai vu les tableaux, c’est effarant) !! Et ce simplement parce que certains conducteurs, pouvant s’identifier à la personne s’étant suicidé (même âge, même valeurs,…) et ayant certainement déjà une petite déprime, prenaient la décision de se suicider. Mais pour éviter de faire souffrir parents et amis, maquillaient le suicide en accident (idem pour les accidents de voiture). On voit d’ailleurs que le pic d’accidents d’avions de ligne, après annonce d’un suicide, monte à 100 / jour le 4ème jour après la nouvelle puis baisse pour remonter le 6ème jour après la médiatisation (sans doute le temps de mettre leurs affaires en ordre) pour revenir à la normale journalière 11 jours après la médiatisation. De plus, plus le suicide est médiatisé dans une zone géographique, plus l’augmentation du nombre d’accidents est grande dans cette zone.
Alors s’il vous plait, personnalités et individus anonymes (mais pouvant être médiatisés) du monde entier, ne décidez pas de vous suicider durant le mois d’août 2005.
S’il vous plait journalistes de presse, de radio et de télévision, si suicide il y a n’en parlez pas durant le mois d’août. Voire n’en parlez plus du tout, plus jamais… Ou du moins ne rentrez pas dans les détails, comme ça personne ne peut s’identifier à la victime ! Imaginez le nombre de morts qui sont déclenchés par la médiatisation de ces suicides !!!
Et puis, lorsqu’un conducteur d’avion se suicide dans l’exercice de ses fonctions c’est tous les passagers qui sont suicidés avec lui. Mais moi je n’ai pas envie d’être suicidée, je veux juste aller en Pologne en avion !!!
Mais finalement c’est peut-être un peu suicidaire de prendre l’avion… Damned !
Vous avez répondu